Lectures partisanes

25 avril 2014 § Poster un commentaire

Les beaux livres sont écrits dans une sorte de langue étrangère. Sous chaque mot chacun de nous met son sens ou du moins son image qui est souvent un contresens. Mais dans les beaux livres, tous les contresens qu’on fait sont beaux. Quand je lis le berger de L’Ensorcelée, je vois un homme à la Mantegna, et de la couleur de la T… de Botticelli. Ce n’est peut-être pas du tout ce qu’a vu Barbey. Mais il y a dans sa description un ensemble de rapports qui, étant donné le point de départ faux de mon contresens, lui donnent la même progression de beauté.  Marcel Proust, Contre Sainte-Beuve

          La geste pantagruélique, parce que rétive aux lectures univoques, sera donc fertile en beauté. Et ce d’autant plus que ses lecteurs ne se préoccupent pas tant d’exégèse sourcilleuse que de combats virulents, le texte de Rabelais, né en une période de schisme, ne tardera pas à nourrir lui aussi les passions schismatiques, à servir les chapelles des uns, desservir les causes des autres. N’avait-il pas prévenu que ses romans ne cacheraient que folâtreries joyeuses  ? Oui, mais n’avait-il pas également averti de sucer la substantifique moelle pour y lire une doctrine dissimulée, révélant de très hauts mystères horrifiques, « tant en ce qui concerne nostre religion, que aussi l’estat politicq et vie oeconomique » ? Mais faut-il il prendre les bonimenteurs au mot ? Oui, pour certains, oui quand cela arrange notre idéologie. , notre Weltauschung, ou au contraire parce que l’on y trouve ce que l’on y exècre.

L’évangélisme chrétien, Érasme en tête, se trouve entre deux deux incendies, entre la Réforme, luthérienne, puis calviniste, et le catholicisme, violemment remis en cause pour ses abus, le pouvoir temporel du pape, l’incurie des moines, le trafic des indulgences… Mais la vie de Rabelais, la première moitié du XVIe siècle, appartient encore, malgré la tension grandissante, à la Renaissance heureuse. En 1553, année de la mort du Tourangeau, Michel Servet, fuyant les uns, sera brulé par les autres. Les haines s’attisent, et, la geste rabelaisienne se trouve vilipendée par les fanatiques des deux camps.

Ainsi, le jésuite François Garasse, zélé pourfendeur de libertins, commet en 1619 un livre dont le titre à rallonge précise la cible et annonce la verdeur : Le Rabelais réformé par les ministres et nommément par Pierre du Moulin Ministre de Charanton, pour réponse aux bouffoneries insérées en son livre de la vocation des Pasteurs… (1619) Ouf ! Qu’affirme donc l’hérétique Pierre du Moulin dans sa propagande pastorale ? Rien de bien original : il affirme en autres la faillibilité et l’inutilité des papes comme celles des cardinaux, dénonce le trafic des indulgences, les artifices de la « fausse religion », la soustraction de l’Écriture sainte au peuple… bref, il ne se livre pas qu’à une réflexion sur les pasteurs, et cela a de quoi irriter notre membre de la Compagnie de Jésus, qui dans son traité précité, s’adresse à ses adversaires, pour les mettre en garde contre ce bouffon qui transforme la religion prétendument réformée en une farce.

Rabelais, une lecture dangereuses et bouffonne...

Rabelais, une lecture dangereuses et bouffonne…

Si Pierre du Moulin s’est attaché à répandre de telles idées, cela vient de ces inspirateurs, « trois bouffons,  archibouffons, & maîtres des moqueurs ». Nous rendons hommage à ce brave François Garasse de reconnaitre la puissance des livres…  Toutefois, encore qu’il soit juste d’associer Rabelais à Lucien, n’est-il pas singulier de prétendre que Calvin s’est nourri de l’humaniste, lui qui dans son De Scandalis l’insulte avec ses semblables de lucianiste, les accusant de ne pas croire en l’immortalité de l’âme ? Toujours est-il que si le jésuite intitule ainsi son pamphlet, c’est parce que l’accusé retient des bouffonneries incriminées  « les inventions, les sornettes et les locutions entières », comme, écrit-il, il va le démontrer. L’a-t-il vraiment lu ? A poursuivre sa prose, il dénote au moins une connaissance superficielle, peut-être issue de seconde main, comme le laisse entendre un passage où il prend directement à parti son adversaire :

Vous adjoutez en bouffonnant le pays d’Utopie, & dictes que nous faisons des Evêques du pays d’Utopie, c »est pour rendre la chose ridicule, n’y ayant point d’Utopie au monde, que dans les écrits du brave chancelier Thomas Morus, & dans la lettre de Gargantua, qui datte ces Missives de pays d’Utopie, & c’est de là que vous en avez cognoissance : pour faire le conte entier vous deviez y ajouter le Royaume des Malgabins, les Isles flottantes, les villes Songeardes, les régions de la Lune, les Apedephres, & tous les lieux que vous aurez fréquenté dans la cosmographie de Rabelais, & du livre nommé Mundus idem alter.

 

Rien, si ce n’est l’Utopie, n’appartient à l’univers rabelaisien. Les Apedephres sont-ils liés à l’Apedephte du Ve Livre ? Toujours est-il que, si Garasse brocarde Rabelais, ce n’est pour trien, lui qui s’est effectivement moqué des excès du papisme et de la quasi-déification du Saint-Père, idolâtré et  « qualifié de Dieu en terre »

« Que vous semble de ceste imaige ? »
_ C’est, (respondit Pantagruel) la ressemblance d’un Pape. Je le congnois à la thiare, à l’aumusse, au rochet, à la pantophle.
_ Vous dictez bien (dist Homenaz).) C’est l’idée de celluy Dieu de bien en terre, la venue duquel nous attendons devotement, et lequel esperons une foys veoir en ce pays. O l’heureuse et tant attendue journée. Et vous heureux et bien heureux qui tant avez avez eu les astres favorables, que avez vivement en face veu et reallement celluy bon Dieu en terre, duquel voyant seulement le portrait, pleine remission guaingnons de tous nos pechez memorables : ensemble la tierce partie avecques dixhuict quarantaines des pechez oubliez. Aussi ne la voyons nous que aux grandes festes annueles. (Quart Livre, L)

 

L’autorité du Pape passe notamment par les décrétales, des lettres à vocation juridique ou administrative par lesquelles il exerce un pouvoir discrétionnaire et exerce une ingérence dans les affaires politiques de l’Europe.

Mais qui est ce (en conscience) qui a estably, confirmé, authorisé ces belles religions, des quelles en tous endroitz voyez la Christianté ornée, décorée, illustrée, comme est le firmament de ses claires estoilles ? Dives Decretales. Qui a fondé, pillotizé, talué, qui maintient, qui substante, qui nourrist les dévots religieux par les convents, monastères, et abbyes : sans les prieres diurnes, nocturnes, continuelles des quelz seroit le monde en dangier evident de retourner en son antique Cahos ? Sacres Decretales. Qui faict et journalement augmente en abondance de tous biens temporelz, corporelz, et spirituelz le fameux et celebre patrimoine de S. Pierre ? Sainctes Decretales. Qui faict le sainct siege apostolicque en Rome de tous temps et au jourdhuy tant redoubtable en l’Univers, qu’il faut ribon ribaine [bon gré, mal gré] que tous Roys, empereurs potentatz, et seigneurs pendent de luy, tiegnent de luy, par luy soient couronnez, confirmez, vieignent là boucquer et se prosterner à la mirifique pantophle, de la quelle avez veu le protraict ? Belles Decretales de Dieu. (…) Je disois doncques que ainsi vous adonnans à l’estude unicque des sacres Decretales, vous serez riches et honorez en ce monde. Je dis consequemment qu’en l’autre vous serez infailliblement saulvez on benoist royaume des Cieulx, du sel sont les clez baillées à nostre bon Dieu Decretaliarche. (Quart Livre, LIIII)

 

 

Caricature contre la papauté : Der Barfüser Secten und Kuttenstreit Anzuzaigen die Romisch ainigkait. (Lutte entre les différents religieux déchaussés pour montrer l'unité romaine). Satire monastique au premier plan, épiscopale au second.

Caricature contre la papauté : Der Barfüser Secten und Kuttenstreit Anzuzaigen die Romisch ainigkait. (Lutte entre les différents religieux déchaussés pour montrer l’unité romaine). Satire monastique au premier plan, épiscopale au second.

 

Non seulement antipapiste bouffon, Rabelais légitime les troubles révolutionnairesdu XVIIIe siècle. Ainsi en est-il pour Pierre-Louis Ginguené, auteur du De l’autorité de Rabelais dans la révolution présente et dans la constitution civile du clergé, sorti en 1791. Avant la Iere république (1792) il décèle chez l’écrivain le refus d’une dépense royale personnelle supérieure aux besoins réels, les conseils pour une éducation de prince, l’absurdité de la plupart des guerres, la longueur des procès, la rapacité des juges, la vénalité de la Cour, la couardise et la paresse des moines, le parasitage des ordres mendiants, l’hypocrisie, l’arrogance et  l’illégitimité du pouvoir religieux, le vol des donations ecclésiastiques… Est-ce une si mauvaise lecture ?  Rabelais ne décrie-t-il pas les agissements tyranniques, les injustices institutionnelles et les abus de position dominantes ? Si, certes, bien entendu. D’ailleurs, l’ouvrage comporte bon nombre de citations et ne va pas jusqu’à prétendre que Gargantua penche en faveur du suffrage universel. Dans le sens ancien du terme, notons toutefois que celui-ci prononce bien le nom du futur régime : .« C’est (dist Gargantua) ce que dict Platon lib. V de rep. que lors les republiques seroient heureuses, quand les roys philosopheroient ou les philosophes regneroient » (Gargantua, XLV)

 

Gargantua en révolutionnaire

Dessin satirique anonyme de la Révolution française. Gargantua va consulter avec une improbable suite cléricale l’avenir de la monarchie. Sur l’un des arbres est écrit : « Du sang de l’oppression la France sera affranchie »

Bakhtine, interprétant Rabelais comme  le chantre de la culture populaire, voit en celui-ci un écrivain subversif  « Il existe un plan sur lequel les coups et injures n’ont pas un caractère particulier et quotidien, mais sont des actes symboliques dirigés contre l’autorité suprême, contre le roi. Nous voulons parler du système de la fête populaire, représenté de la manière la plus parfaite par le carnaval. (mais évidemment pas exclusivement par lui). C’est sur ce plan que se rejoignent et se croisent la cuisine et la bataille avec l’image du corps dépecé. A l’époque de Rabelais, ce système avait encore une existence intégrale chargée d’un sens important dans les différentes formes des réjouissances publiques comme dans la littérature. Dans ce système, le roi est bouffon, élu par l’ensemble du peuple, injurié, battu lorsque son règne s’achève, de même qu’aujourd’hui encore on tourne en dérision, bat, dépèce, brûle ou noie le pantin de carnaval qui incarne l’hiver disparu ou l’ancienne année (« les joyeux épouvantails ») Si l’on avait commencé par donner au bouffon les parures du roi, à présent que son règne est terminé , on le « déguise, on le « travestit » en lui faisant porter les habits de bouffon. Les coups et injures sont l’équivalent parfait de ce déguisement, de ce changement d’habits, de cette métamorphose. Les injures mettent à nu l’autre visage de l’injurié, sa véritable face : les injures le dépouillent de ses parures et de son masque : les injures et les coups détrônent le souverain. » Mikhail Bakhtine, L’œuvre de François Rabelais et la culture populaire à la Renaissance, p.199

Cette bastonnade symbolique renvoie à un épisode du Quart Livre, où, par le biais d’un mariage fictif, , où la tradition veut une bagarre une générale, le seigneur Basché fait rouer de coups et  affuble d’un vêtements grotesque des Chicanous, commis en charge de récolter des impositions ecclésiastiques.  De plus, dans le Pantagruel, Epistémon lorsque traverse les Enfers, il voit toute la hiérarchie sociale renversée, montrant que la relativisation des conditions ne dure pas que le temps du carnaval. Cela suffit-il à voir en Rabelais le coryphée du peuple, un chantre de la puissance des masses contre la bourgeoisie et les classes dominantes ? Selon Bakhtine, oui :

«  Il a été effectivement publiciste, mais pas celui du roi, bien qu’il eût compris le caractère relativement progressiste du pouvoir royal et de certains actes politiques de la cour. Nous avons déjà dit que Rabelais a fourni d’admirables échantillons d’écrits publicistes, sur la base populaire de la place publique, c’est-à-dire d’écrits qui ne contenaient pas la moindre parcelle d’esprit officiel. En tant que publiciste, Rabelais ne s’est jamais solidarisé jusqu’au bout avec un seul des groupements fondés à l’intérieur des classes dominantes ( y compris la bourgeoisie), avec aucun de leurs points de vue, aucune de leur mesure, ni avec aucun des évènements de l’époque. (…) La tâche essentielle de Rabelais consistait à détruire le tableau officiel de l’époque et de ses évènements, à jeter un regard neuf sur eux, à éclairer la tragédie ou la comédie de l’époque du point de vue du chœur populaire riant sur la place publique. (…) Il ne croit pas sur parole son époque « en ce qu’elle dit d’elle-même et ce qu’elle en imagine », il veut révéler son sens véritable pour le peuple croissant et immortel ». p.434-435

 

Le peuple faisant danser les rois

Le peuple faisant danser les rois d’Auguste Bouquet

Anticapitaliste & révolutionnaire, Raoul Vaneigem, représentant illustre de l’Internationale Situationiste aux côtés de Guy Debord, s’élevant contre la société marchande, la consommation à outrance, la stérilisation des esprits, engage l’humaniste dans la lutte par un Salut à Rabelais ! L’argent mérite des remarques similaires à celle de l’Église corrompue et corruptrice, véhicule d’une illusoire puissance, de cruautés collective et d’inertie sociale. Rabelais, affirme Raoul Vaneigem, réhabilite la nature, la générosité du vivant, récuse tous les fanatismes, milite pour une éducation aux ambitions plus vaste que la seule rentabilité, déplore un langage coupé de l’existence, instaure une parole poétique composée d’analogies et de symboles pour le profit d’une intelligence enjouée et joueuse. Voyons quelques extraits :

« Percevant dans la Renaissance des lettres l’écho d’une renaissance des idées, Rabelais mise sur l’éveil des consciences pour tenter de reconstruire le monde et aider l’homme à distinguer, parmi les forces qu’il a déchainées, celles qui le mènent au néant et celles qui l’enracinent dans ce qu’il a de meilleur. »

« Rabelais propose, avec Picrochole, le portrait exemplaire de ces seigneurs de la guerre, pitoyables et odieux, qui sévissant dès l’aube de la civilisation marchande, ont continué de Bonaparte à Hitler, à Staline, à Pol Pot et à leurs avortons chiliens, yougoslaves, israéliens, palestiniens, américains ou afghans de mener le combat de l’argent et du pouvoir contre la vie ».

Le capital

Affiche soixante-huitarde. Rabelais, pourfendeur du capital ?

« Au portrait qu’Homenaz offre à baiser, lors de sa campagne de vente des Indulgences, on peut juger quelle estime Rabelais portait à l’entreprise de crétinisation et d’affairisme gérés, depuis Gélase, par le pouvoir pontifical. »

« L’éducation de Gargantua part d’une redécouverte de la vie, d’une renaissance de l’idée de nature, confusément rattachée à la Grèce ancienne et opposée à l’antiphysis dont la religion chrétienne et sa mythologie instaurent le dogme avec une redoutable intransigeance. Seule, mise en branle par les pulsions du corps, la quête des jouissances offre à l’apprentissage ce gai savoir sans lequel une tête bien pleine sans d’abord être bien faite. »

« Le langage économisé emprunte le plus court chemin d’une langue à l’autre. La science de la communication raccourcit les mots ou les affuble d’une carrosserie anglo-saxonne, afin qu’ils courent plus vite sur des circuits médiatiques balisés par la publicité et contrôlés par la spéculation boursière. (…) Comme elle est belle, lucide, perspicace, la langue de Rabelais ! Il orne les mots de sonnailles, de clochettes, d’apertintailles, il les fait retentir en majesté et clabauder en dérision, il les caresse, il les engrosse de plaisirs et de sens il les engendre en cette île Sonnante où des chemins labyrinthiques découvrent au lecteur la trace de vocables qui ont peuplé son enfance, ont joué et grandi avec lui, mûrissant ou pourrissant en ses profondeurs… »

Alors, Garasse, Ginguené, Bakhtine et Vaneigem, des travestisseurs, des dévoyeurs de la fiction ? Leurs idées, un écran trop opaque entre eux et le livre ? Mais toute lecture passionnelle, se fichant de la critique comme de la sagesse, ne cherche-t-elle pas tant à s’alimenter qu’à se départir de ses préjugés ? Et existe-t-il une lecture intéressante qui ne soit pas, quelque part, intéressée ? Et les perspectives faussées sont-elles toujours à dédaigner sous prétexte d’être fausses ? Et, par-delà ce que leur interprétation possède de tronqué, d’excessif, de biaisé et d’abusif, reconnaissons-leur le mérite de s’être incorporé Rabelais. Même Garasse, par son mépris, encourage à ouvrir Gargantua, dès lors qu’on n’adopte pas ses idées arrêtées. Les libertins du XVIIe siècle n’y manqueront pas. Voltaire lui-même, peu sensible à la verve rabelaisienne, verra en lui un comparse dans son combat contre la censure. Ne sommes-nous jamais bouleversés que par une part de nous-mêmes qui nous était cachée ? Un livre doit être la hache qui fend la mer gelée en nous écrivait Kafka quelque part. Mais sortir de l’inertie ne se veut pas dire à chaque fois se remettre en cause, et si des livres nous infléchissent, d’autres fortifient nos convictions, sont la brûlure qui nous éveille, le bouclier de nos craintes et le glaive de nos combats. L’idéal de vie thélémite, conjugaison de la liberté individuelle et de la solidarité commune, n’invite-t-il pas d’ailleurs à rêver à la réalisation des utopies ?

Références

Mikhaïl Bakhtine; L’Œuvre de François Rabelais et la culture populaire au Moyen Âge et sous la Renaissance, Paris, Gallimard, coll. « Tel » (no 70),‎ 1982
Marcel De Grève, La réception de Rabelais en Europe du XVIe au XVIIIe siècle, études réunies par Claude De Grève et Jean Céard, Paris, Champion, 2009, [J’aurais pu notamment parlé des libertins du XVIIe qui voit en Rabelais un des leurs]
J.-J. Tatin-Gourier, Ginguené : « Rabelais à la lumière des évènements révolutionnaires », dans Ginguené, idéologue et médiateur , sous la direction de E. Guitton, Presses universitaires de Rennes, 1995, p.193-201
Raoul Vaneigem, Salut à Rabelais ! Une lecture au présent, Éditions complexe, 2003

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