Le monde de Rabelais

Pantagruélistes confirmés ou en devenir, rabelaisiens invétérés ou étrangers à l’univers d’Alcofrybas Nasier, bienvenue dans la quête généalogique et archéologique de la Dive Bouteille !

Ce blogue, la rabelaisie, se propose d’explorer la vie et l’œuvre d’un des plus grands écrivains de la littérature française. A chaque article correspond une synthèse sur un sujet se rapportant à la geste pantagruélique, au contexte de son écriture, à la relation de l’écrivain à son époque. De l’abbaye de Thélème aux imprimeurs humanistes, en passant par le bestiaire, Panurge, des lieux réels ou fictifs, le projet s’annonce vaste, comme une exposition perpétuelle. Exposer, autrement dit donner à voir l’exploration d’une contrée littéraire mais plus encore.

Ce projet ne vise pas à rendre compte de la seule trame narrative, aussi riche soit-elle, mais également de la culture de François Rabelais. Gloser sur l’œuvre mais aussi autour de l’œuvre. A chaque billet ses images : nous cherchons à réutiliser dans le même mouvement le patrimoine accessible grâce à sa numérisation. Double valorisation, donc. D’une part l’œuvre, toujours semblable derrière les variations des multiples éditions, dont la prétention à perdurer se heurte à la distance des siècles. D’autre part les archives, peu accessibles et dont la conservation limite la communication.

Images sous licence creative commons ou du domaine public – merci aux bibliothèques numériques, notamment à Gallica et à Wikimédia Commons – accompagnant une réflexion nourrie, entre autres, d’archives ouvertes, comme Persée. Images redocumentarisées : les deux sites précités autorisent, de différentes manières, la contribution à l’information de l’image.

Archive et œuvre : deux biens communs potentiels, l’un immatériel, l’œuvre de l’esprit, même si le texte se matérialise nécessairement dans différentes éditions, l’autre matériel, dont la numérisation offre l’opportunité d’une avancée de la démocratisation culturelle, de l’appropriation collective du patrimoine.

Exposition inachevée, interminable, sans réel début ni fin, entre exposé croisant des recherches et scénographie aléatoire. Sur une page Flickr, nous réunissons les images utilisées afin de les recontextualiser, de concevoir des albums thématiques. Redocumentarisation, ou description secondaire d’un document passé au numérique. Bien sûr, le (futur) foisonnement d’images substitue le plaisir des yeux à la prolifération textuelle.

Qu’est-ce que signifie au fond le fait de faire vivre l’ancien avec le neuf ? Nous espérons non pas enlever le poids des siècles à une œuvre multiséculaire – chose impossible et prétentieuse, qui reviendrait de toute manière à la trahir en lui inculquant des contre-sens contemporains. Notre démarche ne s’inscrit pas non plus dans une perspective adulatrice d’un panthéon sacralisé par une tradition scolaire ou académique, mais simplement dans celle de l’amateur, au sens où l’amateur est celui qui établit le lien entre l’admiration et l’action, qui de sa passion devient l’expert et, dans la mesure de ses convictions, de son caractère et des moyens à sa disposition, cherche à la partager. Dans le sens où c’est par la généralisation et la coopération des acteurs, institutionnels ou particuliers, que le patrimoine culturel devient réellement peu à peu commun.

Lecteurs férus du web participatif, je devine votre perplexité : une synthèse référencée sur un sujet d’intérêt encyclopédique ne ferait-il pas double emploi avec Wikipédia ? Ne vaudrait-il pas mieux rédiger illico un article de qualité sur Frère Jean, les thèmes principaux de la geste rabelaisienne ou un petit paragraphe sur l’authenticité du Cinquième livre ? Mes travaux me mènent en effet à enrichir l’encyclopédie collaborative, texte et images réunis. L’esprit d’un blog invite néanmoins à un autre style, plus libre, aux associations d’idées, aux perspectives originales. Je ne m’interdis pas de citer Pastoureau dans le billet sur la licorne, de convoquer Nancy à propos de l’ivresse. Sans doute, Rabelais étant identique à Rabelais, je n’éviterai pas des redites en me focalisant sur les mécènes, les imprimeurs ou les adversaires de l’écrivain. J’espère, par le croisement des sources, mes fouilles archivistiques, mes partis pris, concilier originalité, audace et rigueur. C’est à vous, pantagruéliques internautes, d’en juger.

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